portion, quarante centimes, deux sous de pain. Comme on le voit, la sagesse même, l’économie, et l’élégance et par-dessus tout elle ne se trompait pas d’un centimètre du machin à la cheville: elle voulait faire juste, c’est la probité de l’art. Elles finissent toutes par avoir une médaille au Salon.

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Mon premier voyage de pilotin fut à bord du Luzitano (Union des chargeurs; voyages du Havre à Rio-de-Janeiro). Quelques jours avant le départ, un jeune homme vint à moi, me disant: «C’est vous mon successeur comme pilotin: tenez, voici un petit carton et une lettre que vous serez bien aimable de faire parvenir à son adresse.»

Je lus: «Madame Aimée Rua d’Ovidor.»

«Vous verrez, me dit-il, une charmante femme à laquelle je vous recommande d’une façon toute particulière. Elle est comme moi de Bordeaux.»

Je vous fais grâce, lecteur, du voyage en mer, cela vous ennuierait.

Je vous dirai pourtant que le capitaine Tombarel était un quart de nègre tout à fait charmant papa, que le Luzitano était un joli navire de 1.200 tonneaux, très bien aménagé pour passagers, et qui filait par belle brise ses 12 nœuds à l’heure.

La traversée fut très belle, sans tempête.

Comme vous le pensez, ma première occupation fut d’aller avec mon petit carton et la lettre à l’adresse indiquée. Ce fut une joie...