J’ai eu l’intention de haïr Bouguereau, puis c’est devenu de l’indifférence. Plus tard même, ce fut même le sourire, quand à Arles, allant au grand numéro, chez le père Louis, celui-ci, très fier, me fit faire connaissance avec son salon extra. En qualité d’artiste, je ne pouvais être bon juge, disait-il.

Dans ce salon deux très belles éditions Goupil. Une vierge de Bouguereau et en pendant—du même, une Vénus.

Le père Louis, en cette occasion, se montra homme de génie. En très splendide maquereau qu’il était, il avait compris l’art peu révolutionnaire de Bouguereau, et quelle était sa place.

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Cabanel! c’est une autre affaire.

Je l’ai haï de son vivant, je l’ai haï après sa mort et je le haïrai jusqu’à la mienne.

Et voici pourquoi.

Je fis, jeune homme, un voyage dans le Midi, et à Montpellier je visitai ce fameux musée construit et donné avec toute la collection par M. Brias. Inutile de raconter quel était ce fameux Brias peintre et l’ami des peintres, ce qui fit le désespoir de Raoul de Saint-Victor.

Dans ce musée, le fond de la collection était une très belle collection de peintres italiens, Giotto, Raphaël, etc... Intermédiairement des Millet, des bronzes de Barye. De là on arrivait à une très grande salle dont le tiers se trouvait en surélévation de quelques marches. La collection intime de Brias, c’est-à-dire la sélection (à une époque), des peintres révolutionnaires. O Roujon!

Le portrait de Brias par lui-même, par Courbet, par Delacroix et d’autres...