Comment? La Revue du Mercure a osé s’adresser, interroger la Revue des Deux Mondes.

Brunetière, si long à réfléchir qu’il ne sait pas encore à qui il devra s’adresser pour lui faire sa statue.

Rodin. Peut-être! cependant son Balzac était si peu réussi et ses bourgeois de Calais... si peu savants.

Et il dit: «Tout le monde aujourd’hui parle de tout sans rien avoir appris.»

Il me semble là que tout le monde a son paquet au Mercure.

Pauvres Rodin et Bartholomé qui croyaient avoir appris la sculpture.

Pauvre Remy de Gourmont qui croyait avoir appris quelque peu de la littérature.

Et nous pauvre public qui avons cru qu’il y avait d’autres artistes que M. Brunetière. Il est évident que la foule s’incline devant celui qui est chargé de reliques, mais si j’en crois la fable, quelquefois les reliques sont trop lourdes et l’on se noie.

Heureusement que je n’ai pas été interrogé, car sans modestie, moi qui n’ai rien appris, j’aurais été tenté de répondre que Corot et Mallarmé étaient bien français. Je serais alors aujourd’hui singulièrement mortifié.

Je ne suis pas savant, mais je crois qu’il y a des savants: je crois aussi qu’un savant trouvera un jour le principe exact de pondération entre le génie et le talent.