Notes éparses, sans suite comme les rêves, comme la vie, toute faite de morceaux.

Et de ce fait que plusieurs y collaborent, l’amour des belles choses aperçues dans la maison du prochain.

Choses parfois enfantines écrites, tant de délassement personnel, tant de classement d’idées aimées—quoique peut-être folles—en défiance de mauvaise mémoire, et tout de rayons jusqu’au centre vital de mon art. Or si œuvre d’art était œuvre de hasard, toutes ces notes seraient inutiles.

J’estime que la pensée qui a pu guider mon œuvre ou une œuvre partielle est liée très mystérieusement à mille autres, soit miennes, soit entendues d’autres. Quelques jours d’imagination vagabonde je me remémore longues études souvent stériles, plus encore troublantes: un nuage noir vient obscurcir l’horizon: la confusion se fait en mon âme et je ne saurais faire un choix. Si donc à d’autres heures de plein soleil, l’esprit lucide, je me suis attaché à tel fait, telle vision, telle lecture, ne faut-il pas en mince recueil, prendre souvenance.

Quelquefois je me suis reculé bien loin, plus loin que les chevaux du Panthéon... jusqu’au dada de mon enfance, le bon cheval de bois.

Je me suis attardé aux nymphes de Corot dansant dans les bois sacrés de Ville-d’Avray.

Ceci n’est pas un livre.

J’ai un coq aux ailes pourpres, au cou d’or, à la queue noire. Dieu qu’il est beau! Et il m’amuse.

J’ai une poule grise argentée, au plumage hérissé; elle gratte, elle picote, elle abîme mes fleurs. Ça ne fait rien, elle est drôle sans être bégueule: le coq lui fait signe des ailes et des pattes et aussitôt elle offre son croupion. Lentement, vigoureusement aussi, il monte dessus.

Ah! c’est bientôt fait! Est-ce donc de la chance. Je ne sais.