Les enfants rient: je ris. Mon Dieu que c’est bête. Quelle disette, rien à boulotter. Si je mangeais le coq? et j’ai faim. Il serait trop dur. La poule alors? mais je ne m’amuserais plus à voir mon coq aux ailes pourpres, au cou d’or, à la queue noire, monter sur la poule; les enfants ne riraient plus. J’ai toujours faim!
Le déluge. Jadis la mer irritée monta aux cimes élevées. Et maintenant la mer apaisée lèche les rochers. Autrement dit: «Vois-tu, ma fille, autrefois on montait, aujourd’hui on descend.» On descend en sachant s’élever.
Vous vous devez à la société.
Combien?
Que me doit la société.
Beaucoup trop.
Payera-t-elle?
Jamais (Liberté, Égalité, Fraternité).
Sur la véranda, douce sieste, tout repose. Mes yeux voient sans comprendre l’espace devant moi; et j’ai la sensation du sans fin dont je suis le commencement.
Moorea à l’horizon; le soleil s’en approche. Je suis sa marche dolente, sans comprendre, j’ai la sensation d’un mouvement désormais perpétuel: une vie générale qui jamais ne s’éteindra.