Quoi qu’il en soit, envers et contre tout, le voulant même, la femme Maorie ne saurait être fagotée et ridicule, c’est qu’il y a en elle ce sens du beau décoratif que j’admire dans l’art marquisien après l’avoir étudié. Puis ne serait-ce que cela? n’est-ce donc rien qu’une jolie bouche qui, au sourire, laisse voir d’aussi belles dents. Cela des négresses! allons donc.
Et ce joli sein au bouton rosé si rebelle au corset. Ce qui distingue la femme Maorie d’entre toutes les femmes et qui souvent la fait confondre avec l’homme, ce sont les proportions du corps. Une Diane chasseresse qui aurait les épaules larges et le bassin étroit.
Si maigre que soit le bras d’une femme il est toujours d’une ossature peu visible, et souple, et joli de lignes. Avez-vous remarqué dans un bal les jeunes filles de l’Occident, gantées jusqu’au coude: bras maigres, coudés, archicoudés, vilains en somme, ayant l’avant-bras plus fort que l’arrière-bras.
J’ai dit intentionnellement les femmes d’Occident, car le bras de la Maorie est le même que celui de toutes les femmes d’Orient: plus fort cependant.
Avez-vous remarqué aussi, au théâtre, les jambes des figurantes. Ces cuisses énormes (les cuisses seulement), le genou énorme et en dedans. Cela tient probablement à un écartement exagéré de l’emmanchement du fémur.
Tandis que chez la femme d’Orient, et surtout chez la Maorie la jambe depuis la hanche jusqu’au pied donne une jolie ligne droite. La cuisse est très forte, mais non dans la largeur, ce qui la rend très ronde et évite cet écart qui a fait donner pour quelques-unes dans nos pays la comparaison avec une paire de pincettes.
Leur peau est d’un jaune doré, c’est entendu et c’est vilain pour quelques-uns, mais tout le reste, surtout quand il est nu, est-ce donc si vilain que cela; et ça se donne pour presque rien.
Une chose cependant m’ennuie aux Marquises c’est ce goût exagéré pour les parfums; car c’est alors que le marchand leur vend une parfumerie épouvantable de musc et de patchouli. Réunis dans une église, tous ces parfums deviennent insupportables. Mais là encore, la faute en est aux Européens.
Quant à l’eau de Lavande vous ne la sentirez pas parce que l’indigène, à qui il est défendu de vendre une goutte d’alcool, la boit aussitôt qu’il peut mettre la main dessus.
Revenons à l’art marquisien. Cet art a disparu grâce aux missionnaires. Les missionnaires ont considéré que de sculpter, décorer, c’était le fétichisme, c’était offenser le Dieu des chrétiens.