Pourquoi aujourd’hui me remémorant tout l’autrefois jusqu’à maintenant, suis-je obligé de voir (cela crève les yeux) presque tous ceux que j’ai connus, surtout les derniers jeunes que j’ai conseillés et soutenus ne plus me connaître.

Je ne veux pas comprendre.

Je ne peux pas cependant me dire en fausse modestie:

Qu’as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse.
Verlaine.

Car j’ai travaillé et bien employé ma vie; intelligemment même, avec courage. Sans pleurer. Sans déchirer: j’avais cependant de très bonnes dents.

Degas dédaigne les théories d’art, nullement préoccupé de technique.

A ma dernière exposition chez Durand Ruel, Œuvres de Tahiti, 91, 92, deux jeunes gens bien intentionnés ne pouvaient s’expliquer ma peinture. Amis respectueux de Degas ils lui demandèrent, voulant être éclairés, son sentiment.

Avec ce bon sourire paternel, lui si jeune, il leur récita la fable du Chien et du Loup.

«Voyez-vous, Gauguin, c’est le loup.»

Voilà l’homme. Quel est le peintre?