Son visage changea soudain, et prit l’expression de la colère, et je crus que, n’étant plus maître de soi-même, il s’allait jeter sur moi.
— Vous moquez-vous ? dit-il, je vous ai conté ma fâcheuse histoire, l’absurde événement qui pèse encore sur moi, et vous avez le front de m’inviter à prendre part à un enlèvement.
— Je vous prie de ne vous point fâcher et de me laisser achever : cet enlèvement, il n’y a pas lieu de le faciliter, mais, tout au contraire, d’y faire obstacle.
Il se radoucit un peu, mais non sans qu’il gardât encore de l’inquiétude.
— J’ai juré de ne me plus mêler des affaires d’autrui.
— M’accorderez-vous la grâce de m’écouter ? Je me fie à l’homme d’honneur que vous êtes et qui ne saurait désapprouver mon dessein.
Tout en grommelant encore, il finit par me permettre de parler, et je le mis au fait de tout ce que j’avais appris.
— N’importe-t-il pas, lui dis-je, d’entraver un aussi exécrable forfait ?
Il en convint.
— Ce Fontpeydrouze, fit-il, est un monstre : il faut le supprimer. Allons de ce pas le provoquer, je vous laisserai le plaisir de lui couper la gorge, et, au cas que vous receviez par traîtrise quelque mauvais coup, je me charge de le châtier.