—C'est juste.

—Alors? On se f... de nous?

—Vous pouvez parler en votre nom. Du reste il y a un testament olographe, auquel je n'ai pas pris part et qui est postérieur à celui-ci.

—Tout est à refaire, s'écria le juge. Les autres eurent cet air inquiet d'une poule qui se sent reprendre, l'ayant avalé, un grain de maïs au bout d'un fil. Le notaire semblait jouir de toutes ces inquiétudes.

—Rien n'est à refaire, dit-il en frappant sur une seconde enveloppe. Je sais à peu près ce qu'il y a ici dedans.—Et il se remit à lire. Mais le premier codicille le surprit. Car au lieu d'hériter lui-même, comme il pensait, c'était sa femme, du double, il est vrai, de ce qu'avait promis M. Lescaa: sa dot, qui rentrait.

Le second legs avait trait à un serviteur. Mais le troisième, qui octroyait pour tout capital à Pétrarque des créances sur son beau-père et lui-même le mit en fureur. De ses bajoues violettes, de sa bouche écumante sortaient des blasphèmes confusément entrecoupés de cris. On y démêla enfin des menaces.

—C'est un misérable, hurlait-il. C'est un fou! On plaidera. Vous avez beau vous bidonner tous. Je refuse la succession.

—N'oubliez pas, Monsieur le Juge de Paix, interrompit Beaudésyme, que si vous perdez, ayant refusé la succession au préalable, la créance de Firmin retombera à l'actif de la dite, et vous dans l'obligation de nous payer.

—Qu'est-ce que ça peut vous faire?

—Rien du tout. D'autant que si vous acceptez, vous serez obligé de payer des droits de succession proportionnels à la valeur écrite, c'est-à-dire fictive, du legs. Ce sera une très grosse somme, et, en bon serviteur de l'État, je me réjouis...