Ainsi ce n'était pas lui qui bénirait l'anneau nuptial de Guiche: pas même celui de Mlle de Lahourque. La cérémonie, quant à cette dernière, promettait d'en être magnifique. N'avait-elle pas écrit à la titulaire du bureau qu'elle ne voulait plus gérer, «que ce mariage soudait en quelque sorte l'aristocratie de la naissance à celle du travail». Ainsi s'essayait-elle à peindre ce sacrifice qu'elle allait faire de sa particule.
M. Lubriquet-Pilou, de son côté, sans faire un égal abandon, se plaignait, au Soleil d'Étain, qu'il lui faudrait bientôt se réduire au rôle de séducteur honoraire. Et tous hochaient la tête autour de lui, en disant:
—Comment fera-t-il? Bah, il la trompera.
—Non, affirma Lubriquet, je tiendrai ma parole...
Et il ajouta, avec un sourire égrillard qui faisait sans doute allusion à son premier mariage:
—...cette fois-ci.
Quelqu'un parla de lui offrir un banquet, pour enterrer, encore qu'il fût déjà veuf, une vie de garçon si bien remplie. N'était-ce pas le moins que Ribamourt devait à soi-même, comme à celui où s'étaient incarnés, durant un quart de siècle, tous les orages mortiripuaires de la passion? Ce projet, accueilli avec faveur, eut vite fait de prendre figure. C'est à l'hôtel Gastou Fébus que se donna le banquet. Il fut honorable, M. Dessoucazeaux, avec le goût sûr des avares, en ayant choisi les vins.
—Et pas un Château-Idem, n'est-ce pas, avait-il ajouté par une plaisanterie florissante à Ribamourt, où l'on accusait les hôteliers de ne changer de leurs vins que les étiquettes.
—C'est vrai, Pana, ajouta le capitaine Laharanne, qu'au dernier dîner de chasse vous nous aviez donné d'un Ribamourt, blanc, et d'un autre Ribamourt, blanc... A eux deux ils avaient exactement le même petit goût de rien du tout...
Et il fit claquer sa langue, comme si, rien que de s'en souvenir, il jouissait encore.