Ce n'était vrai qu'à demi. Il pensait à Basilida, plus jalouse certes de Sabine que de toutes les servantes de Ribamourt. Mais la jeune fille, changeant de sujet, indiqua hors de la ville, plus bas que la dame au cochon, deux girouettes par dessus des charmilles, et le comble d'une toiture haute, vaste et noire. Plus bas un mur appareillé de pierre et de brique, un mur triste et beau dont la base empattée était fleurie de pariétaires, donnait à pic sur le Saleys où l'Ouze venait de se confondre. En retour d'angle, on apercevait, à travers une grille à rinceaux, à fleurs-de-lis, une cour pavée à galets de couleur, où des buis taillés en boule, des pyramidions de myrte traçaient des arabesques. Près du portail, où le vide d'un écusson détruit soutenait encore le casque bourgeois de l'écuyer, deux lévriers à long poil se faisaient pendant, pareils à des chiens de marbre si l'un d'eux, à ce moment même ne s'était levé en bâillant.
—En effet, dit Sabine: c'est pas très drôle chez notre parrain.
—Non.
—Pourquoi y demeure-t-il?
—C'est la maison de sa grand'mère: vous savez, les Bouchefer-Ducasse.
—Ah oui, les «fameux Bouchefer-Ducasse», comme on dit toujours... quand parrain est là. Qu'est-ce qu'ils ont fait, donc.
—C'était des Huguenots—avant Louis XIV—qui ont fait la guerre.
Et il ajouta, scandalisé peut-être:
—Vous ne savez donc rien? Nous en descendons, l'un et l'autre. Le plus célèbre qui était lieutenant de Montgommery, à la prise d'Orthez: Ducasse Botte-de-Sang, on l'appelait.
—Tout ça, conclut Sabine, c'est de l'histoire. Allons-nous en.