Ce visage, bruni par le hâle du soleil, de la pluie et de l'air libre, avait une remarquable expression d'énergie, tempérée par ce je ne sais quoi de mélancolique et de doux de l'homme fort, de l'honnête homme qui souffre et qui cache aux yeux de tous la blessure qui le fait souffrir.
La bouche était franche et sérieuse. Le nez quêtait dans le vent, comme celui d'un chien de race. Le sourcil abritait un regard loyal et intelligent. En somme, une physionomie ouverte, claire, martiale et sympathique, où le soldat se retrouvait sous la veste du garde-chasse.
Le pavillon qu'habitait ce dernier n'avait pas l'air moins avenant, en dépit des barreaux dont on a parlé tout à l'heure et qui en protégeaient les fenêtres contre toute tentative d'escalade.
Il comprenait un rez-de-chaussée, un premier étage et des mansardes.
Le rez-de-chaussée se composait d'un parloir ouvert sur le rond-point et d'une cuisine ouvrant sur le parc.
Ce parloir avait une tapisserie à raies bleues sur champ blanc, imitant le coutil d'une tente.
Il était meublé d'un secrétaire, d'une armoire, d'une table et de six chaises en acajou, et décoré de gravures militaires représentant les principaux épisodes de nos campagnes de Crimée, d'Italie et du Mexique, ainsi que de panoplies d'armes, d'engins, de harnais de chasse et de fusils, de casques prussiens,—trophées de la dernière guerre.
Au fond de cette pièce, un antique escalier de bois, noirci par le temps, conduisait au premier étage, lequel se divisait en deux parties inégales: une vaste chambre à coucher et un cabinet de débarras.
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Après le départ de Tourangeau, Jacques Périn s'était assis—dans le parloir—devant son repas du soir.