—Jacques! mon cher Jacques! s'écria la Filleule de Lagardère qui s'élança vers lui en pleurant.

Il la repoussa d'un geste triste:

—Aujourd'hui, vous n'êtes plus l'ange de mon foyer; vous êtes une héritière; on vous nomme miss Flore-Eva. Je ne puis plus rien, je ne suis plus rien pour vous. Vous avez changé de protecteur et vous avez gagné au change...

Il se retourna vers l'avoué:

—Les circonstances, poursuivit-il, m'avaient confié un dépôt. Comment ce dépôt était-il entre mes mains? Qu'importe! Ceux à qui il appartient le réclament; je le rends, c'est tout simple. On n'a rien de plus à m'offrir.

Il se croisa les bras sur la poitrine et regarda ses auditeurs en face.

M. de Saint-Pons intervint.

—Mon cher maître, dit-il à Grandurand, il est de ces services que l'on ne reconnaît pas avec l'argent; il est, pareillement, de ces douleurs auxquelles il convient de pardonner le cri de révolte et la plainte...

Puis, frappant sur l'épaule de l'ex-policier:

—Allons, mon brave Périn, je vous dirais: Du courage! si je ne parlais à un soldat d'Inkermann et de Traktir, de Magenta et de Solférino... Que cette brusque séparation vous cause un chagrin auquel je compatis tout le premier, ceci n'est un doute pour personne; mais, enfin, cet étranger retrouve sa nièce; il désire l'avoir près de lui. Quoi de plus légitime et de plus respectable? Songez qu'il a, de son côté, l'opinion, la justice, la loi,—la loi, pour laquelle vous avez si souvent et si énergiquement combattu...