Jacques écoutait, pensif, le menton dans la poitrine, le sourcil froncé, le front chargé de ténèbres.

Le marquis insista:

—Voyons, c'est votre haute raison que j'invoque; ce sont les sentiments d'équité et de désintéressement dont vous avez fourni tant de preuves...

Vous croyez-vous fondé, en bonne conscience, à blâmer cette enfant d'accepter la situation que sa naissance lui constitue?

Il ne s'agit pas seulement du bien-être immédiat qui résulte pour elle de cette situation; il s'agit de l'état légal qu'elle lui crée dans la société; il s'agit des avantages qu'elle lui réserve pour l'avenir.

Cet avenir, avez-vous le droit d'en disposer?

Et ne craignez-vous pas que, plus tard, mademoiselle ne se repente d'avoir résisté à la voix du parent qui l'appelle? Ne craignez-vous pas qu'elle ne se reproche la détermination que votre attitude, que votre langage semblent lui dicter aujourd'hui? Ne craignez-vous pas qu'elle ne vous reproche, à vous, d'avoir été la pierre d'achoppement de son bonheur?...

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

M. de Saint-Pons se tut.

Il y eut un instant de silence.