Florence, du reste, ne s'employait point à l'attirer chez ses parents.
La fillette avait ce scrupule: elle ne voulait point que Philippe se trouvât en contact fréquent avec cette demeure souillée. Peut-être appréhendait-elle pareillement que l'œil vigilant du soldat ne surprît quelque indice des sinistres mystères dont cette demeure avait été témoin et dont le verger—y attenant—était resté le muet et funèbre complice.
A cela près, la Benjamine était heureuse.
Elle se disait qu'une fois mariée, elle avouerait tout à Philippe...
Philippe aurait pitié,—il pardonnerait et il se tairait...
En échange de ce silence, on contraindrait les gens du Coq-en-Pâte à vendre l'auberge. Ils s'en iraient si loin, si loin que la justice humaine ne saurait les atteindre...
Une vie d'honnêteté et de repentir fléchirait la justice divine. Au besoin, le jeune ménage quitterait le pays en emmenant Denise.
En attendant, Florence préparait sa toilette de noce et s'enivrait de la musique des tendres propos de son fiancé. Celui-ci accourait de Mirecourt aux Armoises presque tous les jours, pour échanger quelques paroles avec la fillette...
Nous l'avons dit, le frère de Denise idolâtrait Florence, et cette passion l'absorbait si absolument qu'il en avait presque oublié la tâche qu'il s'était imposée.
Nous écrivons: presque.