Mais Toinette ne dédaignait pas d'entendre causer les femmes; à travers les murs, les cancans de la maison lui arrivaient; et elle s'y intéressait, comme en province.

Elle annonça à André que le petit ménage d'en face était juif; un petit garçon leur était né, le rabbin était venu, on avait circoncis l'enfant, tellement, paraît-il, qu'il avait failli mourir.

André souriait, indifférent.

La cour de la maison était pleine de musiciens ambulants; tous les dimanches un groupe d'Italiens revenait, jouant les mêmes airs. Une fenêtre s'ouvrait, une pâle figure de femme se penchait, écoutant la musique:

—C'est l'Italienne,—disait vivement Toinette,—elle est séparée de son mari, tu sais qu'elle leur jette chaque fois une pièce d'or.

—Pas possible!

—Il n'y a rien de plus vrai, elle est poitrinaire, elle regrette son pays, vois comme elle leur sourit.

Et quelques semaines après:

—Tu sais, la dame est morte, elle a laissé par testament sa fortune aux musiciens qui venaient chanter, eh bien! le mari, crois-tu, le mari a défendu au concierge de dire aux Italiens qu'elle était morte, parce qu'ils réclameraient la fortune, tu comprends?

—Quelles bourdes!