Avec le soleil nous partons.
Mais il reste dans nos cartons
De quoi charmer les jours moroses.
Avec le soleil nous partons
Pour revenir au temps des roses.
Hélas ! c’était la clôture. Le théâtre de Valvins ne rouvrit pas.
Nous aurons, mon frère et moi, plus tard, d’autres tréteaux : à Samois où fut joué le Riquet à la Houppe de Banville ; à Vétheuil, qui vit les Caprices de Marianne ; à Marlotte, où les pièces de notre jeunesse revécurent. Ces jours-là, des spectateurs de marque remplaceront les obscurs villageois d’antan, et notre troupe figurera dans les grands magazines illustrés. Mais ce ne sera plus cela. Car rien ne fut comparable à cette aube radieuse qui illumina, dans la grange embaumée, les tréteaux de notre jeunesse en fleur : l’humble petit théâtre, sur la berge du fleuve.
DEUXIÈME PARTIE
L’APPRENTISSAGE
I
J’avais quitté mon entresol, trop près du trottoir, décidément, pour les combles de la maison où ma mère logeait, au premier. Cela facilitait, avec la tâche de Julie, mes allées et venues. Là, j’étais tout près du ciel ; j’avais pour horizon des gouttières, des toits et les hommes de tôle des cheminées.