Paulette, admirant son tact et son aplomb, n’en éprouvait pas moins une souffrance aiguë d’amour-propre : l’idée que Mme Alibran allait la mépriser, et le petit Joble encore plus.
— C’est la situation la plus fausse, murmura-t-elle. Ah ! je vous retiens, vous et vos restaurants de tout repos !
Branchet voulut lui reprendre la main. De dépit, elle faillit lui envoyer une claque.
— Êtes-vous fou ?
— Bah ! Ils ne s’occupent pas de nous.
Le petit Joble et Mme Alibran semblaient, en effet, absorbés par le choix réfléchi du menu. On entendit la voix discrète d’Agathon :
— Les cassolettes de ris d’agneau… naturellement… le soufflé granité de framboises ?
Stany sourit, engageant.
— Vous voyez, ils prennent les mêmes plats que nous. Et du vin du Rhin et du Meursault, à l’instar.
Elle répondit sèchement :