C’était un de ces petits porte-monnaie de cuir rouge parfilé d’or et d’argent, constellé de croissants de lune, auquel, je ne sais pourquoi, ma tante avait la faiblesse de tenir, bien que la valeur en fût insignifiante. Elle reprit :

— Il était là, j’en suis sûre, dans le coffret ouvert. Je le voyais de mes yeux, tandis que je parlais à Mme Solis.

— Ah ! Mme Solis ?

— Oui, elle sort d’ici !

Là, ma tante devint toute rouge et avec une sorte de colère :

— Voyons, ce n’est pas possible, il sera tombé, on le retrouvera ; s’il était resté dans ma chambre ? Mais non, je le vois, je le vois encore ; et quand Elle est sortie… — As-tu retrouvé ta montre ? fit-elle en s’arrêtant brusquement de chercher.

— Ma… montre ?… Non !

Et une soudaine lueur me traversa. Mais non, comme disait ma tante, ce n’était pas possible ! Quelle apparence : une femme dans l’aisance, toujours bien mise, mais sans luxe ruineux ; le mari avait une belle position. Et elle aurait… volé, volé ! Le mot m’étranglait. Non, comment croire cela ? Et cependant le doute, insidieux, sournois, obsédant, ne me quitta plus. Mes soupçons prirent une singulière énergie quand je vis que Renée ne revenait point chez moi. Que te dirai-je ? Je fus très malheureux. Tantôt je la croyais coupable, tantôt innocente. Et puis l’absurdité de pareils vols, leur non-sens m’irritaient comme un mystère. A quoi cela répondait-il ? Pourquoi eût-elle volé ? Son mari, je le savais, lui laissait disposer de sa fortune. Et pourtant, il y avait un fait, probant. Pas plus que chez moi, elle n’était revenue chez ma tante. Nous ne la revîmes plus jamais, ni l’un ni l’autre !

— Et ta montre ? demandai-je à Francis.

Il me répondit :