Madame Goulart. En voilà assez. Ça ne m’amuse plus.
Colembert. — S’il fait beau demain, je vous emmènerai à Cannes, en automobile, visiter le yacht de mon ami Perdriggers.
Madame Goulart. — C’est un bon bateau ?
Colembert. — Magnifique ! Vous devriez l’acheter.
Madame Goulart. — Pourquoi faire, Seigneur ?
Colembert. — Vous vous promèneriez en mer. Excellent pour votre santé. Et nous irions en croisière jusqu’à Tunis étudier le projet gigantesque dont je vous parlais hier : l’exploitation des salines de Rahat-Schouss.
Madame Goulart. — Très peu pour moi ! Vous êtes un assez bon garçon, Médéric ; vulgaire en diable, mais amusant quand vous ne parlez pas d’affaires. Ah ! non ! pas d’affaires ! Vous n’y entendez rien !
Colembert, avec une fausse gaieté. — Et vous, vous êtes une cousine que j’aime, honore et respecte infiniment ; mais votre méfiance vous empêchera de profiter des occasions exceptionnelles que je me faisais un plaisir de vous offrir.
Madame Goulart. — Oh non ! j’ai de la mémoire. La seule fois que j’ai pris des actions dans vos affaires, cinq mille francs, pour les « Pilons-concasseurs du Thibet », était-ce une occasion exceptionnelle, celle-là ? Mes cinq mille francs courent encore !
Colembert, le geste large. — Parce que vous n’avez pas la foi ! Si vous aviez la foi, non seulement vous seriez rentrée dans vos cinq mille francs, mais ils auraient fait des petits.