Madame Goulart. — Et avez-vous alors pensé à la mort ?

Zoé Lacave. — Le moins possible, madame. C’est une idée si effrayante !

Madame Goulart. — Effrayante, oui. Est-ce que nous sommes seules ?

Zoé Lacave. — Certainement…

Madame Goulart. — Allez donc voir, je vous prie, s’il n’y a personne derrière la porte… Il me semble qu’on a marché dans le couloir.

Zoé Lacave, revenant — Non, personne.

Madame Goulart. — Cela vous ennuierait-il, ma bonne Zoé, de me lire quelque chose ? Je voudrais ne pas penser… ou penser à d’autres choses…

Zoé Lacave. — Qu’est-ce qui vous plairait ? Voulez-vous une lecture sérieuse, et que j’entame le gros livre que vous a apporté M. Roset du Ponant, de l’Institut, sur les Voies et constructions romaines ?

Madame Goulart. — Cet excellent M. du Ponant… Non, pas aujourd’hui.

Zoé Lacave. — Préférez-vous le roman qu’a déposé hier M. Cœurdeblé : la Fontaine des amours tristes ?