M. de Vertbois (avec une fausse allégresse). — C’est égal ; la bonne idée que nous avons eue de ne pas nous prêter aux exigences de la tante Arsène ! Voyez, Aglaure : ici, temps superbe, une vie des plus agréables. L’auto des bons Puybergue est excellente et leur hospitalité parfaite. A Paris, il fait noir, froid, boueux. Vous n’avez plus le moindre accès d’asthme, ni moi le plus petit élancement de goutte. Je me loue d’avoir vaincu votre répugnance à quitter Paris.
Madame de Vertbois. — Oui, mais la tante ?…
M. de Vertbois. — Quoi donc, ma chère ? La tante par-ci, la tante par-là ! Il faudrait être toujours à ses pieds, vivre dans son ombre, approuver tout ce qu’elle dit, ne respirer que dans la mesure où elle le permet ! Mais, dites-moi, sommes-nous liés par contrat à elle ?
Madame de Vertbois. Plût à Dieu ! Vous direz ce que vous voudrez, Norbert : je crois que nous avons commis une imprudence en nous éloignant.
M. de Vertbois. — Pas du tout. Il faut savoir se faire regretter. Nous lui manquerons, soyez-en sûre. Rien de mieux.
Madame de Vertbois. — A moins qu’elle ne nous en garde de l’aigreur, ou, ce qui serait pire, qu’elle nous oublie.
M. de Vertbois. — Vous ne vous rendez pas assez justice, ni à moi ; souffrez que je vous le dise. Nous sommes indispensables à la tante.
Madame de Vertbois. — Oh !
M. de Vertbois. — In-dis-pen-sa-bles ! Elle nous reverra avec cent fois plus de plaisir après cette fugue. D’ailleurs, que risquons-nous ? La brave Zoé nous tient au courant.
Madame de Vertbois (sans conviction). — Ou…i…i.