Au lieu de voir deux fois la semaine l’agréable visage de Juliette Tambourg, elle serait là, mêlée à leur vie quotidienne ; sa silhouette séduisante se profilerait sur le mur des chambres et dans l’espace du jardin. Quels beaux cheveux elle avait, et cette façon, bien à elle, de se coiffer ! Elle se montrait polie, réservée, et il échangeait avec elle, sans penser à mal, des regards innocents.

Sans penser à mal ? Mon Dieu… Oh ! il avait bien parfois des idées, de ces idées vagues et fluides comme la petite fumée bleue de sa cigarette… Des idées qui vous traversent la cervelle et qu’on caresse, et qu’on repousse… Il savait bien, parbleu ! que la petite était honnête, et lui aussi…

Elle lui plaisait ; c’était tout ! Elle mettait dans son ménage pratique, très matériel, un peu terne, un peu lourd, un grain de poésie. Et puis après ? A côté de Mme Harle, matrone vigilante et bouffie, — déjà la patte-d’oie ! — c’était de la jeunesse, de la fraîcheur…

Si elle allait refuser ?

D’instinct, par délicatesse, M. Harle admettait qu’il valait mieux qu’elle refusât. Elle risquait de souffrir, Couturière, on avait des égards : « Mademoiselle Tambourg, ma petite Juliette… » Servante, avec de caractère de Dorothée, la…

Mme Harle reparut, rayonnante :

— C’est fait ! Elle accepte !

M. Harle dit :

— Ah !…

Et il ressentit une joie illogique.