«Chaque habitant a le droit de couper dans les forêts, sans payer aucune redevance, le bois de construction et de chauffage nécessaire à son usage. Mais lorsqu’il le vendra à l’extérieur, le quart du produit de la vente sera alloué au seigneur, pour l’indemniser de la valeur du bois et du travail de ses buffles.

«La pêche est entièrement libre sur toutes les plages. Celui qui établira une pêcherie à poste fixe jouira du terrain sur lequel la pêcherie sera établie, dans un rayon de 500 barres (500 mètres). Nul autre que lui ne pourra établir, dans ce rayon, une autre pêcherie.

«La chasse est entièrement libre dans tout le domaine de Jala-Jala; mais pour chaque cerf ou sanglier abattu, il sera remis un quartier au seigneur.

«Tous les jeunes gens de douze à dix-huit ans seront divisés par escouades de quatre. Chaque escouade, à tour de rôle, sera tenue de servir le curé, pendant quinze jours, sans aucune rétribution que la nourriture.

«L’église est à la charge des jeunes filles, qui doivent la tenir avec propreté et l’orner de fleurs.

«Les jeunes filles au-dessus de douze ans se réuniront à la maison de l’habitation deux fois par semaine, le lundi et le jeudi, pour piler et préparer le riz nécessaire à la maison du seigneur. Elles seront payées de ce travail par mesure, selon l’usage du pays.»

Avec ces hommes primitifs, il fallait peu de phrases. Il suffisait de leur bien faire comprendre leurs droits et les miens, et surtout de les graver dans leur mémoire.

Après avoir fait accepter les conventions que je viens d’indiquer, je remarquai immédiatement une plus grande confiance parmi mes Indiens, et une plus grande facilité à les associer à mes travaux.

Anna m’aidait de tout son cœur et de toute son intelligence. Aucune fatigue ne la décourageait. Pendant la surveillance des jeunes filles qui venaient deux fois par semaine piler le riz à la maison, elle leur enseignait à aimer la vertu, qu’elle pratiquait si bien. Elle leur fournissait des vêtements; car à cette époque les jeunes filles de dix à douze ans étaient encore nues comme des sauvages.

Le père Miguel de San-Francisco était chargé de la mission plus spécialement en rapport avec son caractère; et c’était pour répandre plus promptement dans la colonie l’instruction, cette mère bienfaisante qui mène à la conquête de la civilisation, que les jeunes gens étaient divisés par escouades de quatre, et qu’à tour de rôle chaque escouade allait passer quinze jours au presbytère.