Quand des étrangers vinrent pour assister à une pareille chasse, je les fis monter sur un arbre ou sur la crête d’une montagne, d’où ils purent rester spectateurs du combat sans y prendre part et sans être exposés.

Maintenant que j’ai décrit la chasse aux buffles dans les montagnes, je reviens à mes travaux de colonisation.

Chapitre X.

Situation de Jala-Jala.—Colonisation.—Tremblements de terre. —Combats de coqs.

Ainsi que je l’ai dit plus haut, la maison que j’avais fait construire renfermait tout le confort désirable. Elle était bâtie en bonnes pierres de taille, et pouvait me servir de petite forteresse en cas d’attaque.

Une de ses façades donnait sur le lac, dont les eaux claires et limpides baignaient la plage verdoyante à cent pas de ma demeure.

L’autre, opposée, donnait sur les bois et les montagnes, où la végétation était riche et plantureuse.

De nos fenêtres, nous jouissions d’un spectacle grandiose et majestueux, comme le beau ciel des tropiques en offre quelquefois.

Par une nuit obscure, la crête des montagnes s’éclairait tout à coup d’une lueur blafarde; cette lueur augmentait par degrés, puis peu à peu la lune resplendissante apparaissait et embrasait le sommet des montagnes, comme eût fait un vaste incendie; puis, calme, limpide, sereine, elle reflétait sa lumière poétique et douce dans les eaux du lac, calmes, limpides et sereines comme elle! C’était un coup d’œil éblouissant.