A Jala-Jala, par exemple, à l’approche d’un de ces phénomènes, un calme profond, lugubre même, s’empare de la nature.
Le vent ne souffle pas; il n’y a ni brise, ni zéphyr. Le soleil, sans être couvert de nuages, s’obscurcit, et répand une clarté sépulcrale.
L’atmosphère est chargée de vapeurs qui la rendent lourde et étouffante. La terre est en travail.
Les animaux, inquiets et silencieux, cherchent un refuge contre le cataclysme qu’ils pressentent.
Le sol tressaille; tout à coup il tremble sous les pieds. Les arbres s’agitent, les montagnes s’ébranlent sur leurs bases, et leurs sommets paraissent prêts à s’écrouler.
Les eaux du lac sortent de leur lit, et se répandent avec impétuosité dans les campagnes. Un roulement plus fort que celui produit par le tonnerre se fait entendre; la terre tremble... et tout s’en ressent à la fois.
Mais dès lors le phénomène est accompli, tout reprend l’existence.
Les montagnes se consolident sur leurs bases, et redeviennent immobiles; les eaux du lac rentrent peu à peu dans leur bassin naturel, le ciel s’épure et reprend sa brillante clarté, la brise souffle; les animaux sortent des tanières dans lesquelles ils s’étaient cachés; la terre a repris sa tranquillité, et la nature son calme imposant.
Je n’ai pas cherché à faire des descriptions souvent fort ennuyeuses pour le lecteur; j’ai voulu seulement donner une idée des divers panoramas qui se déroulaient tour à tour sous nos yeux à Jala-Jala.
Je reviens à présent au récit de ma vie habituelle.