Les hommes portaient leurs armes, qui se composent de la hache, qu’ils nomment aligua, de la lance aiguë en bambou, et du bouclier; les femmes étaient affublées de leurs plus beaux ornements.
Ceinture et armes des Tinguianès.
Nous marchions les uns derrière les autres, suivant la coutume des sauvages.
Nous passâmes par plusieurs villages dont les habitants se rendaient comme nous à la fête; nous traversâmes des montagnes, des forêts, des torrents; et enfin, à la pointe du jour, nous arrivâmes à Laganguilan y Madalag.
Toute la bourgade était en fête.
On entendait de tous côtés les sons de la conge et du tam-tam. Le premier de ces instruments est de forme chinoise, le second est en forme de cône aigu, recouvert à la base d’une peau de cerf. C’était un vrai tohu-bohu.
Vers onze heures, les chefs du village, suivis de toute la population, se dirigèrent vers le grand hangar. Là, chacun prit sa place sur le sol; chaque bourgade, ayant son chef à sa tête, occupait une place désignée à l’avance.
Au milieu d’un cercle formé par les chefs des combattants, il y avait de grands vases pleins d’une boisson faite avec du jus de canne à sucre, et quatre hideuses têtes de Guinanès entièrement défigurées: c’étaient les trophées de la victoire.
Lorsque tous les assistants eurent pris leurs places, un guerrier de Laganguilan y Madalag prit une des têtes et la présenta aux chefs de la bourgade, qui la montrèrent à tous les assistants en faisant un long discours renfermant des louanges pour les vainqueurs.