Deux divinités malfaisantes jouent un grand rôle parmi eux; ils y croyaient avant la conquête des Philippines.
L’un de ces dieux funestes est le Tic-Balan, dont j’ai déjà parlé, qui habite les forêts dans l’intérieur des grands figuiers.
Cette divinité peut faire tout le mal possible à celui qui ne la respecte pas, ou qui ne porte pas sur lui certaines herbes; toutes les fois qu’il passe sous l’un de ces figuiers, il fait un signe de la main en prononçant: Tavit-po, mots tagals qui veulent dire: Avec votre permission, Seigneur.
Le seigneur du lieu est le Tic-Balan.
L’autre divinité s’appelle Azuan.
Elle préside surtout aux accouchements d’une manière malfaisante, et l’on voit souvent un Indien, pendant que sa femme est dans le travail de l’enfantement, perché à califourchon sur le toit de sa case, un sabre à la main, frappant dans l’air d’estoc et de taille pour chasser, dit-il, l’Azuan.
Quelquefois il continue cette manœuvre pendant plusieurs heures, jusqu’à ce que l’accouchement soit terminé.
Une de leurs croyances, que pourraient envier les Européens, c’est que lorsqu’un enfant au-dessous de l’âge de raison vient à mourir, c’est un bonheur pour toute la famille: c’est un ange qui va dans le ciel, pour y être le protecteur de tous ses parents. Aussi, le jour de l’enterrement est-il une grande fête; parents et amis y sont invités: on boit, on chante et l’on danse toute la nuit dans la case où l’enfant est mort.
Mais je m’aperçois que les superstitions des Indiens m’éloignent trop de mon sujet.
J’aurai plus tard et plus utilement l’occasion de décrire les mœurs et les usages de ces singuliers hommes.