Mort du bandit Cajoui.

«Maître, il ne peut pas mourir, parce qu’il a sur lui de l’anten-anten; et c’est bien heureux que ce soit vous, qui en avez aussi, qui lui ayez tiré le coup de pistolet, parce que nos armes n’eussent rien fait contre lui.»

Je riais de leur superstition, et m’attendais bien à apprendre, d’un instant à l’autre, que le blessé avait rendu le dernier soupir, lorsque mon lieutenant tout joyeux m’apporta un petit manuscrit, à peu près de deux pouces carrés, en me disant:

«Voilà, maître, l’anten-anten que j’ai pu trouver sur le corps de Cajoui

Au même instant, un autre de mes gens vint me prévenir qu’il n’existait plus.

«Voyez, me disait Alila, si je ne lui avais pas pris son anten-anten, il vivrait encore.»

J’avais feuilleté le petit livre: des prières, des invocations qui n’avaient pas beaucoup de sens, étaient écrites en langue tagale.

Un bon moine qui était présent me le prit des mains; je croyais qu’il éprouvait la même curiosité que moi, mais pas du tout: il se leva, passa à la cuisine, et un instant après vint me dire qu’il en avait fait un auto-da-fé.

Mon pauvre lieutenant en pleura presque de chagrin, car il considérait le petit livre comme sa propriété, et pensait que sa possession devait le rendre invulnérable.