Enfin, perclus comme nous l’étions, nous nous laissâmes glisser de nos bambous pour rentrer dans les eaux du lac.
Elles firent sur nous une impression salutaire et agréable; elles nous paraissaient tièdes comme un bain à 30 degrés de chaleur.
Ranimés par cette douce température, nous retirâmes notre pirogue du buisson, où fort heureusement elle était tellement engagée, que les vagues et les courants n’avaient pu l’entraîner plus loin.
Nous la remîmes à flot, et nous parvînmes à gagner une case indienne, où nous nous séchâmes et réparâmes nos forces.
Le calme était rétabli, le soleil brillait de tout son éclat; mais partout on voyait les traces qu’avait laissées le tay-foung.
Dans la journée nous regagnâmes Jala-Jala, où notre arrivée causa une grande joie.
On me savait sur le lac, et tout devait faire présumer que j’avais péri.
Ma bonne et chère Anna se jeta dans mes bras en pleurant; elle avait été si inquiète, que sa joie de me voir ne put s’exprimer pendant plusieurs instants que par les larmes qui inondaient son visage.
Balthazar retourna à son sérail.
Tant qu’il fut sous ma protection, les Indiens le respectèrent; mais après mon départ de Jala-Jala, il fut assassiné, et tous ceux qui le connaissaient bien convinrent qu’il l’avait mérité à plus d’un titre.