Je parcourais sans crainte les forêts, les montagnes, et souvent même je traitais avec mes honnêtes bandits de puissance à puissance, ne dédaignant point les invitations qu’ils me faisaient quelquefois pour me rendre dans un lieu où, sans crainte de surprise, ils pouvaient me consulter ou invoquer mon appui.
Ces sortes de rendez-vous avaient toujours lieu la nuit, dans des lieux solitaires.
De leur part comme de la mienne, la parole donnée de ne pas se nuire était toujours religieusement observée.
Dans ces entretiens nocturnes et sans témoins, je ramenais souvent à la vie paisible des hommes égarés, et qu’une jeunesse turbulente avait jetés dans une série de crimes que les lois auraient punis par le dernier châtiment.
Quelquefois aussi j’échouais dans mes tentatives, lorsque surtout j’avais affaire à ces caractères fiers et indomptables comme il s’en trouve chez l’homme qui n’a jamais eu que la nature pour guide.
Un jour, entre autres, je reçus une lettre d’un métis, grand coupable qui fréquentait une province voisine de la lagune.
Il me disait qu’il voulait me voir, et me priait de venir seul, au milieu de la nuit, dans un lieu sauvage qu’il me désignait, où lui aussi se rendrait seul.
Je ne balançai pas à aller au rendez-vous.
Je l’y trouvai comme il me l’avait promis.
Il me dit qu’il désirait changer de conduite et venir demeurer sur mon habitation.