Il ajoutait qu’il n’avait jamais commis de crime contre les Espagnols, mais seulement contre les Indiens et les métis.
Il m’était impossible de le recevoir sans me compromettre.
Je lui proposai de le placer chez un moine: là il serait resté caché pendant quelques années, après lesquelles, ses crimes étant oubliés, il pourrait rentrer dans la société.
Après avoir réfléchi un instant, il me dit:
«Non, ce serait perdre ma liberté. Pour vivre en esclave, j’aime mieux mourir.»
Je lui proposai alors de se rendre à Tapuzi, endroit où les bandits trop poursuivis pouvaient se cacher impunément. (J’aurai bientôt occasion de parler de ce village.)
Mon métis fit un geste, et me dit encore:
«Non; la personne que je voudrais emmener avec moi n’y viendrait pas. Vous ne pouvez rien faire pour moi, adieu.»
Puis il me donna une poignée de main, et nous nous quittâmes.
Peu de jours après, une cabane dans laquelle il se trouvait, près de Manille, fut cernée par une compagnie de troupes de ligne.