Avec cette escorte nous n’avions plus rien à craindre. Nous fîmes gaiement le reste de la route jusqu’à l’endroit où finissait l’espèce d’entonnoir dans lequel nous marchions.
A cette hauteur, une plaine de quelques milles de circonférence se trouvait encaissée par de hautes montagnes.
Le lieu que nous parcourions était encombré d’immenses blocs de rochers superposés les uns aux autres.
Derrière surgissait une montagne abrupte, menaçante, sans aucun vestige de végétation, représentant assez bien une vieille forteresse d’Europe qu’une puissance magique avait élevée au milieu des hautes montagnes qui la dominaient.
D’un coup d’œil, j’avais embrassé l’ensemble du site que nous traversions tout en réfléchissant aux immenses variétés qu’offre la nature.
Tout à coup l’objet tant désiré de mon voyage, le village de Tapuzi, se présenta à mes regards.
Situé à l’extrémité de la plaine, il est composé d’une soixantaine de maisons en paille, en tout semblables à celles des Indiens.
Les habitants étaient aux fenêtres pour voir notre arrivée.
Nos guides nous conduisirent chez leur chef ou matanda-sanayon[5].
C’était un beau vieillard qui, d’après son visage, paraissait approcher de quatre-vingts ans. Il nous salua avec affabilité, et s’adressant à moi, il me dit: