La cérémonie du mariage a lieu alors sans le consentement des parents; mais si c’était le jeune homme qui enlevât sa maîtresse, il serait sévèrement puni, et la jeune fille serait rendue à sa famille.

Si les choses se sont passées dans le bon ordre, si le prétendant a fait les deux ou trois années de servitude volontaire, et que les parents soient tout à fait contents de son caractère et de sa conduite, arrive le jour de la seconde cérémonie, nommée tajin bojol (le jeune homme qui veut serrer le nœud de l’union).

Cette seconde cérémonie est un grand jour de fête.

Tous les parents et amis des deux familles sont réunis chez la fiancée et divisés en deux camps, dont chacun débat les intérêts des fiancés.

Mais chaque famille a un avocat, qui seul peut prendre la parole en faveur de son client.

Les parents n’ont pas le droit de parler; ils font seulement, à voix basse, les observations qu’ils jugent convenables à leur avocat.

L’Indienne n’apporte jamais de dot. Quand elle prend un mari, elle n’a rien; c’est le jeune homme qui apporte la dot: aussi l’avocat de la jeune fille adresse-t-il le premier la parole pour la demander et établir les conditions.

Je vais rapporter le discours des deux avocats dans une cérémonie de ce genre à laquelle j’eus la curiosité d’assister.

Pour ne pas blesser l’amour-propre des parties, les avocats ne parlent qu’en termes allégoriques.

Dans la cérémonie que j’honorais de ma présence, celui de la jeune Indienne commença ainsi: