Cet homme, poursuivi pour quelques méfaits, se cachait dans une caverne.
Son père, qui seul connaissait sa retraite, allait de temps en temps le voir et lui porter du riz.
Dans une de ses visites, il trouva à la place de son fils un énorme boa endormi; il le tua, et retira de son estomac le corps de son malheureux fils.
Il paraît que pendant la nuit il avait été surpris et étouffé par le boa, et qu’il lui avait servi de pâture.
Le curé du village, qui avait été chercher le corps pour lui donner la sépulture, et qui avait vu les restes du boa, me le dépeignit d’une grosseur presque incroyable.
Malheureusement c’était assez loin de mon habitation, et je ne fus prévenu que lorsqu’il n’était plus temps de vérifier le fait par moi-même; mais il n’est point surprenant qu’un boa, qui peut avaler une biche, puisse plus facilement encore avaler un homme.
Plusieurs autres faits à peu près semblables m’ont été racontés par les Indiens.
Ils me citaient de leurs camarades qui, en parcourant les bois, avaient été saisis par un boa, broyés contre un arbre, et ensuite dévorés; mais j’ai toujours été en garde contre les histoires indiennes, et je n’ai pu vérifier positivement que celle que je viens de citer.
Le boa est un des serpents le moins à craindre parmi ceux que l’on trouve aux Philippines.
Il y en a d’une petite dimension, qui donnent la mort en quelques heures: celui surtout nommé par les Indiens dajon-palay (feuille de riz) est extrêmement vénéneux.