Le seul remède à sa morsure est de la brûler avec un tison ardent; et si l’on tarde seulement de quelques minutes, la mort arrive après quelques heures de souffrances atroces.
L’alin-morani est une autre espèce, qui acquiert une longueur de huit à dix pieds; sa morsure est peut-être encore plus dangereuse que celle du dajon-palay. Elle est plus profonde, et, par conséquent, plus difficile à cautériser.
Jamais je n’ai été mordu par aucun de ces reptiles, malgré le peu de précautions que je prenais en voyageant dans les bois, la nuit comme le jour.
Deux fois seulement, je courus une espèce de danger: la première, ce fut en marchant sur un dajon-palay; je fus averti par le mouvement et l’impression que je ressentis sous mon pied.
J’appuyai fortement, et je vis sa petite tête qui s’allongeait pour me saisir à la cheville. Fort heureusement, je le tenais cloué sur le sol à une si petite distance de sa tête qu’il ne pouvait pas m’atteindre: je tirai mon poignard, et la lui coupai.
Une autre fois, je vis deux aigles qui s’élevaient et retombaient comme des flèches entre des buissons, toujours au même endroit.
Je voulus voir quelle espèce d’animal ils attaquaient.
A peine m’étais-je approché, qu’un énorme alin-morani, furieux des blessures que les aigles lui avaient faites, s’avança sur moi; je voulus reculer, il se reploya sur lui-même, s’élança, et vint m’atteindre presque à la figure.
Par un mouvement inverse, je fis un saut en arrière et l’évitai; mais je me gardai bien de tourner le dos et de fuir, car j’aurais alors été pris sans défense.
Le serpent revint à la charge en bondissant vers moi; je l’évitai de nouveau, et cherchais vainement à l’atteindre du tranchant de mon poignard, lorsqu’un Indien qui m’aperçut de loin accourut armé d’une branche, et m’en débarrassa.