Je ne puis résister au désir de consacrer quelques lignes à décrire ces trois productions des tropiques: le bambou, le cocotier et le bananier.
Touffe de bambous, et meules de riz.
Le bambou, de la famille des graminées, croît en épais buissons dans les bois, sur le bord des rivières, et partout où il peut trouver un sol un peu humide.
On en compte, aux Philippines, vingt-cinq ou trente espèces, bien distinctes par leur forme et leur grosseur.
Il y en a du diamètre du corps d’un homme ordinaire, formant à l’intérieur un grand vide: cette espèce sert particulièrement à construire des cabanes, à faire des vases pour transporter de l’eau et l’y conserver.
Divisé en filaments, il sert à faire des corbeilles, des chapeaux, et toute espèce d’objets de vannerie; enfin, des cordes ou des câbles d’une grande solidité.
Un autre bambou, d’une dimension plus petite, vide aussi à l’intérieur et recouvert d’un vernis presque aussi solide que l’acier, sert également aux constructions des cases indiennes.
Taillé en pointe, il présente une extrémité aiguë et tranchante: les Indiens s’en servent pour faire des lances, des flèches, des lancettes pour saigner les chevaux, ouvrir un abcès, ou entamer les chairs et en extraire une épine ou tout autre corps étranger qui s’y serait introduit.
Un troisième, beaucoup plus solide et de la grosseur du bras, ne présentant pas de vide à l’intérieur, sert particulièrement pour la partie des cases qui exige une grande solidité, comme la toiture.