Par ce mot, il faut entendre une centaine de grosses bananes attachées sur la même tige, formant une longue grappe qui vient s’incliner vers le sol.

Avant que les fruits aient acquis toute leur maturité, on coupe le régime, et on se sert de bananes pour aliments au fur et à mesure qu’elles mûrissent.

La partie de la plante qui est en terre est une espèce de grosse souche de laquelle sortent successivement une trentaine de jets. Chaque jet ne doit fournir qu’un seul régime ou grappe; ensuite il est coupé vers le sol; et comme tous les jets qui sont sortis du même tronc ont différents âges, il s’en trouve de toutes les époques de fructification; de manière que, chaque mois ou chaque quinzaine, et en toute saison, on peut recueillir un régime ou deux de la même plante.

C’est aussi d’une espèce de bananier, dont les fruits ne sont pas bons à manger, que l’on retire la soie végétale, ou abaca, qui sert à faire des vêtements et des cordages de toute espèce.

Ce filament se trouve dans le tronc de la plante, qui, comme je l’ai dit, est formé de feuilles superposées les unes aux autres.

On les sépare en longues lanières que l’on met quelques heures au soleil; ensuite on les place sur une lame de fer qui n’est pas aiguë, et l’on tire fortement à soi.

Le parenchyme de la plante est retenu par la lame de fer, et les filaments s’en séparent: il n’y a plus qu’à les mettre quelque temps au soleil pour les livrer ensuite au commerce.

Je m’aperçois que je me suis déjà bien éloigné de mon voyage; mais j’ai voulu faire connaître les trois plantes des tropiques qui pourraient suffire à tous les besoins de l’homme.

Ces plantes sont bien connues; mais peut-être quelques personnes ignorent-elles tous les services qu’elles rendent aux habitants des tropiques, et mes lecteurs seront naturellement amenés à réfléchir combien les naturels de cette zone sont favorisés de la nature, comparativement à ceux de notre climat glacé.

Nous étions donc au pied des montagnes à faire nos préparatifs pour passer la nuit.