Le quatrième, je leur fis mes adieux, et nous nous dirigeâmes vers le nord, au milieu de montagnes toujours couvertes d’épaisses forêts, et qui, semblables à celles que nous quittions, n’offrent au voyageur aucune route tracée, si ce n’est quelques petits sentiers fréquentés par les animaux sauvages.

Nous marchions avec précaution, car nous nous trouvions dans les lieux habités par les Ajetas.

La nuit, nous cachions nos feux, et toujours un de nous faisait sentinelle, car ce que nous craignions le plus c’était une surprise.


[1] Bernard-l’ermite, espèce de crabe qui se loge dans un coquillage abandonné par son mollusque, et qui, la nuit, sort de la mer pour chercher sur la plage sa nourriture.

Chapitre XX.

Arrivée chez les Ajetas ou Négritos.—Départ.—Navigation sur l’océan Pacifique.—Arrivée à Jala-Jala et à Manille.

Un matin, cheminant en silence, nous entendîmes devant nous un chœur de voix glapissantes qui avaient plutôt l’air de cris d’oiseaux que de voix humaines.

Nous nous tenions sur nos gardes, nous effaçant le plus possible à l’aide des arbres et des broussailles.