Ils se mirent tous à fumer.
Un cerf était suspendu à un arbre, le chef alla en couper trois gros morceaux avec un couteau de bambou; il les jeta au milieu du brasier, et un instant après les retira pour en présenter un à chacun de nous.
La partie extérieure de cette grillade était un peu brûlée et saupoudrée de cendres, mais l’intérieur était parfaitement cru et tout sanglant. Il ne fallait cependant pas manifester la répugnance que j’éprouvais à faire un repas presque de cannibale; mes hôtes en auraient été scandalisés, et je voulais vivre en bonne intelligence pendant quelques jours avec eux.
Je mangeai donc mon morceau de cerf, qui, à tout prendre, n’était pas trop mauvais; mes Indiens firent comme moi, après quoi nos bons rapports étaient établis. Dans ces parages une trahison n’était plus possible.
Je me trouvais enfin au milieu des hommes à la recherche desquels j’étais depuis mon départ de Jala-Jala; j’allais les examiner et les étudier à mon aise le temps que je voudrais.
Nous installâmes notre bivouac à quelques pas du leur, comme si nous eussions fait partie de la famille de nos nouveaux amis.
Je ne pouvais leur parler que par gestes, et j’avais une difficulté inouïe à me faire comprendre; mais, le lendemain de mon arrivée, j’eus un interprète.
Une femme, qui vint m’apporter son enfant pour lui donner un nom, avait été élevée par des Tagalocs, elle avait parlé leur langue, elle s’en souvenait un peu, et pouvait me donner, quoique avec peine, tous les renseignements qui m’intéressaient.
Ajetas recevant des cigares.