Ils se nourrissent de racines, de fruits, et du produit de leur chasse.

Ils mangent la viande à peu près crue, et vivent par tribus composées de cinquante à soixante individus.

Durant le jour, les vieillards, les infirmes et les enfants se tiennent autour d’un grand feu, pendant que les autres courent les bois pour chasser. Quand ils ont une proie qui peut suffire à les nourrir pendant quelques jours, ils restent tous autour de leur feu; le soir, ils se couchent pêle-mêle au milieu des cendres.

Il est extrêmement curieux de voir ainsi une cinquantaine de ces brutes de tout âge, et plus ou moins difformes.

Les vieilles femmes surtout sont hideuses: leurs membres décrépits, leur gros ventre, et leur chevelure si extraordinaire, leur donnent l’aspect de Furies ou de vieilles sorcières.

A peine étais-je arrivé, les mères qui avaient des enfants en bas âge me les présentaient.

Afin de leur complaire, je faisais quelques caresses à leurs nourrissons; mais ce n’était pas ce qu’elles voulaient, et, malgré leurs gestes et leurs paroles, il m’était impossible de les comprendre.

Le lendemain, celle dont j’ai déjà parlé, et qui avait vécu parmi les Tagalocs, arriva d’une tribu des environs.

Elle était accompagnée d’une dizaine d’autres femmes, qui toutes portaient dans leurs bras leurs petits enfants.

Elle m’expliqua ce que je n’avais pu comprendre la veille.