Les enterrements se font sans aucune cérémonie. On étend le mort tout de son long dans une fosse, où on le recouvre de terre.

Mais lorsqu’un Ajetas est gravement malade, que la maladie est jugée incurable, ou qu’il a été légèrement blessé par une flèche empoisonnée, ses amis le placent assis dans un grand trou, les bras croisés sur la poitrine, et l’enterrent ainsi tout vivant.

Je voulus parler religion à mon interprète.

Je lui demandai si elle ne croyait pas à un être suprême, à une divinité toute-puissante, dont la nature entière et nous-mêmes dépendrions en toutes choses, qui aurait créé le firmament et verrait toutes nos actions.

Elle me regarda en souriant, et me dit:

«Quand j’étais jeune, parmi vos frères, je me souviens qu’ils me parlaient souvent d’un maître qui, disaient-ils, avait le ciel pour sa demeure. Mais tout cela était des mensonges; car voyez» (elle se leva, prit un caillou, le jeta en l’air, et me dit d’un grand sérieux):

«Est-ce qu’un roi, comme vous dites, peut rester dans le ciel plutôt que ce caillou?»

Qu’avais-je à répondre à un pareil raisonnement?... Je laissai la religion de côté, pour lui faire d’autres questions.

Comme je l’ai déjà dit, les Ajetas n’attendent souvent pas la mort d’un malade pour le mettre en terre.

Aussitôt que les honneurs de la sépulture ont été rendus à l’un d’eux, il faut, d’après leurs usages, que sa mort soit vengée.