Les chasseurs de la tribu à laquelle il appartenait partent avec leurs lances et leurs flèches pour tuer le premier être vivant qui tombera sous leur regard: homme, cerf, sanglier, ou buffle.

Dès qu’ils se mettent en campagne à la recherche de leur victime, ils ont soin, partout où ils passent dans les forêts, de briser les jeunes pousses des arbustes qu’ils trouvent sur leur passage, en inclinant le sommet dans la direction de la route qu’ils suivent.

Cette précaution est pour avertir les voyageurs et leurs voisins de s’éloigner des passages où ils cherchent l’animal ou l’homme qu’ils doivent sacrifier; car si l’un des leurs tombait sous leurs mains, c’est lui-même qu’ils prendraient pour victime expiatoire.

Ils sont fidèles dans le mariage, et n’ont qu’une femme.

Quand un jeune homme a fait son choix, ses amis ou ses parents font la demande de la jeune fille.

Dans aucun cas ils n’éprouvent de refus. On choisit un jour.

Le matin de ce jour, avant que le soleil soit levé, la jeune fille est envoyée dans la forêt; là elle s’y cache ou ne s’y cache pas, selon le désir qu’elle a de s’unir à celui qui l’a demandée.

Une heure après, le jeune homme est envoyé à la recherche de sa fiancée: s’il a le bonheur de la trouver et de la ramener vers ses parents avant le coucher du soleil, le mariage est consommé, et elle est pour toujours sa femme; si au contraire il rentre au camp sans elle, il ne peut plus y prétendre.

La vieillesse est très-respectée chez les Ajetas, et c’est toujours un des plus anciens qui gouverne la réunion dont il fait partie.

Tous les sauvages de cette race vivent, comme je l’ai déjà dit, en grandes familles de soixante à quatre-vingts.