Ils pouvaient nous surprendre à violer leurs sépultures, et dans ce cas ils ne nous eussent pas fait de quartier; mais j’étais si habitué à vaincre ce qui pouvait s’opposer à ma volonté, que le danger ne me fit pas changer de résolution.
J’en fis part à mes Indiens; ils ne s’opposèrent point à mon projet.
Quelques jours auparavant, à un quart de lieue de notre bivouac, j’avais remarqué plusieurs sépultures.
Un après-midi, nous prîmes tout notre bagage, je fis mes adieux à mes hôtes, et nous nous dirigeâmes vers cet endroit.
Dans les premières tombes que nous ouvrîmes, le temps avait détruit une partie des os, et je ne pus me procurer que deux crânes, peu dignes vraiment du danger qu’ils nous faisaient courir.
Exhumation d’un Ajetas.
Cependant nous continuâmes notre travail, et vers la fin du jour nous avions découvert une femme que nous reconnûmes, par la position qu’elle occupait dans sa fosse, avoir été enterrée avant sa mort.
Ses ossements étaient encore recouverts de sa peau, mais elle était desséchée, et presque à l’état de momie; c’était un sujet convenable.
Nous l’avions retirée de la fosse et nous commencions à la mettre dans un sac fragments par fragments, lorsqu’à peu de distance nous entendîmes de petits cris aigus.