«—Qui est là, demandai-je.»
Une voix me répondit:
«Nous venons vous sauver. Ne perdez pas un instant: passez par-dessus le petit toit; nous vous attendons de l’autre côté, dans la rue du Campanario.»
Puis deux ou trois personnes descendirent précipitamment; j’avais reconnu la voix d’un métis dont les bonnes intentions à mon égard n’étaient point douteuses.
Il était temps; car, au moment où je passais par une fenêtre qui éclairait l’escalier et conduisait sur le toit, les Indiens se faisaient déjà entendre de l’autre côté de la rue; quelques minutes plus tard ils étaient chez moi, brisant et pillant le peu que je possédais.
J’eus bien vite franchi le toit, et je me trouvai dans la rue du Campanario, où m’attendaient mes nouveaux sauveurs; ils me conduisirent chez eux.
Là, un profond sommeil me fit bientôt oublier les dangers que j’avais courus.
Le lendemain, mes amis avaient préparé une petite pirogue pour me conduire à bord du Cultivateur, où, suivant toute apparence, je devais être plus en sûreté qu’à terre.
J’étais sur le point de m’embarquer, lorsqu’un de mes hôtes me remit une lettre qu’il venait de recevoir, et qui m’était adressée. Elle était signée de tous les capitaines de navires en rade. Ils m’apprenaient que, se voyant à chaque instant exposés à une attaque de la part des Indiens, ils s’étaient tous décidés à appareiller et à prendre le large; mais que deux d’entre eux, Drouant et Perroux, avaient été contraints de laisser à terre une partie de leurs vivres, toute leur voilure et leur eau.
On me suppliait de venir à leur aide; un canot devait se tenir au large et se mettre à mes ordres.