Cette petite fourmi, nommée couitis par les Indiens, habite les bois, n’établit pas de fourmilières, et se tient généralement sur le tronc des arbres. Elle est presque imperceptible; cependant, lorsqu’on la touche, elle pique, et occasionne une douleur plus vive que toutes les autres, mais qui se passe instantanément, sans laisser de traces.

4. Des termites ou fourmis blanches (anay).

Les termites ou fourmis blanches, nommées par les Indiens anay, sont divisées en trois classes: les travailleuses, celles qui les dirigent ou les commandent, et les reines.

Les travailleuses ont généralement le corps blanc, plus gros et plus court que les fourmis ordinaires, les pattes très-courtes, le corselet et la tête un peu jaunes. Elles sont armées de deux mandibules, capables d’entamer et de broyer les bois les plus durs.

Les secondes, celles qui commandent, diffèrent des premières par une petite corne placée à l’extrémité de la tête, comme celle du rhinocéros.

Les reines ont la tête et le corselet absolument semblables à ceux des travailleuses; mais, à partir du corselet, le corps est d’une grosseur démesurée; il est ordinairement long de 1 à 2 pouces, et il a 8 à 10 lignes de circonférence.

La demeure habituelle des termites est dans les champs qui ne sont pas exposés à de fortes inondations. Dans les campagnes on aperçoit, de distance en distance, de petits monticules de terre de forme conique, qui s’élèvent de 5 à 6 pieds au-dessus du sol, et se terminent en pointe. La base de ces monticules, appuyée au sol, a de 12 à 15 pieds de circonférence.

C’est dans l’intérieur de ces meules ou monticules que réside tout un gouvernement, composé d’individus de divers grades, et une seule et unique reine, dont la mission est de reproduire les générations qui s’éteignent. C’est là aussi que se fait un travail continu, digne de l’étude de l’observateur qui cherche à pénétrer les admirables secrets de la nature.

Chaque demeure ou monticule a plusieurs ouvertures extérieures pour pénétrer dans l’intérieur, et pour la sortie de celles qui vont parcourir les champs environnants, où elles dévorent et rongent toutes les plantes, tous les bois morts qu’elles rencontrent.

Les termites ne font pas, comme nos fourmis d’Europe, des amas de provisions pour l’hiver. Sous le beau climat des Philippines, rien ne les oblige à se confiner dans leur demeure une partie de l’année. Elles recueillent seulement une espèce de gomme dont elles tapissent les nombreux compartiments qui composent leur habitation souterraine. Cet enduit, autant que j’ai pu m’en rendre compte, sert à alimenter la reine et les jeunes termites, depuis le premier âge jusqu’à l’époque où elles ont la force de pourvoir elles-mêmes à leur subsistance. Il est probable que cette gomme est appropriée aux divers âges, et qu’elle est plus parfaite là où se trouvent la reine et ses derniers nés, que vers l’extérieur, où se tiennent celles qui ont déjà toute leur force.