Comme je viens de le dire, l’intérieur des petits monticules est divisé en une foule de compartiments, de chambres et de galeries artistement construits avec de la terre tellement dure, qu’elle semble avoir été pétrie pour en faire de la poterie.

Lorsqu’on pénètre avec la pioche dans cet asile, on trouve les compartiments tapissés de petites fourmis qui n’ont pas la force de sortir; et plus on pénètre à la partie la plus profonde, qui se trouve généralement à 3 ou 4 pieds au-dessous du sol, ou à 9 ou 10 du sommet du cône, on remarque qu’elles sont plus petites. Près la demeure de la reine, celles qui viennent de naître sont presque imperceptibles à l’œil nu.

La reine occupe la chambre la plus profonde. Là elle est renfermée, sans pouvoir sortir par les petites ouvertures qui communiquent de sa demeure aux autres compartiments. Sa mission est de travailler continuellement à la reproduction de ses sujets.

Lorsqu’on veut détruire un de ces essaims, il faut pénétrer à l’intérieur jusqu’à ce qu’on puisse s’emparer de la reine. Si on néglige cette précaution, si on se contente d’aplanir le monticule et de remettre le terrain au niveau du sol, les fourmis recommencent leur travail, et le rétablissent en peu de mois dans son état primitif.

Elles font souvent, pour se garantir de la pluie ou pour monter au sommet d’un arbre, de longues galeries couvertes qui les conduisent de leur demeure au lieu de leur travail. Ces galeries sont ordinairement à deux voies, l’une pour aller, l’autre pour revenir.

Lorsqu’on veut bien examiner leurs habitudes et leurs travaux, il faut démolir une partie de ces galeries. On voit aussitôt arriver les commandeurs; ils semblent examiner le dommage fait à leurs travaux, partent tous pour revenir, un instant après, avec un bon nombre d’ouvrières qui se mettent immédiatement à l’œuvre; chacune va chercher un globule de terre, et le place artistement pour rétablir la galerie.

Les chefs ou commandeurs qui accompagnent les ouvrières poussent, avec leur petite corne, celles qui marchent trop lentement, et paraissent animer toute la bande laborieuse.

Les termites ne se bornent pas à habiter la campagne, elles s’introduisent souvent dans les maisons; et comme elles le font toujours par des ouvertures souterraines et cachées, elles produisent des dégâts considérables. Par exemple, si la maison n’est pas construite avec des bois qu’elles n’attaquent pas, elles s’introduisent par les extrémités des charpentes, laissent parfaitement intact l’extérieur du bois, et dévorent tout l’intérieur. Si, par malheur, on ne s’en aperçoit pas, la maison s’écroule sans qu’on s’y attende.

Elles attaquent aussi les meubles et les vêtements en réserve, et il leur faut peu de jours pour occasionner des dégâts considérables; mais elles n’attaquent jamais les matières animales.

On connaît encore, dans le genre termite, une variété beaucoup plus grosse et entièrement noire; mais est-ce une variété, ou le même insecte à une époque différente de son existence? C’est ce que je ne saurais déterminer.