Cette variété, nommée par les Indiens anay-maitim, n’habite point sous terre; elle court dans les forêts et se nourrit des bois en décomposition; elle ne cause pas les mêmes ravages que les blanches.

A une certaine époque, sans doute la dernière de leur existence, il leur pousse quatre grandes ailes, et elles prennent leur vol.

Lorsque, la nuit, on s’aperçoit que ces insectes, attirés par les lumières, s’introduisent dans les maisons, il est indispensable de fermer immédiatement toutes les fenêtres, si on ne veut pas rester dans les ténèbres. Sans cette précaution, ils arrivent en si grand nombre qu’ils ont bientôt éteint les lumières, et le lendemain le sol est jonché de leurs cadavres.

Ainsi que je l’ai dit, elles ont l’avantage sur les blanches de ne causer aucun dégât.

5. Le cancrelat (blatte).

Un autre insecte habite aussi l’intérieur des maisons: c’est une espèce de scarabée nommé cancrelat, animal dégoûtant, qui répand une odeur désagréable, attaque toutes les provisions, vole pendant la nuit, surtout dans les temps d’orage, se repose partout, souvent sur les personnes, et leur enfonce ses ongles aigus dans l’épiderme.

Si tous ces insectes sont un véritable fléau pour les habitants des Philippines, il en est aussi une innombrable quantité que je ne peux pas décrire, et qui embellissent les campagnes: une variété infinie de beaux, de magnifiques papillons aux couleurs resplendissantes, qui, dans les beaux jours, sillonnent l’air et caressent toutes les fleurs; les mouches phosphorescentes, qui, la nuit, se jouent dans les feuilles des arbres, et les font paraître émaillés de pierres précieuses; enfin les buprestes, aux ailes de couleur métallique, qui, encadrés dans l’or et l’argent, servent à faire de charmants bijoux: leur brillant est plus éclatant que les émaux les plus beaux.

§ XI.—De l’agriculture aux Philippines.

Aucune terre n’est plus féconde, plus riche que celle des Philippines, et ne rémunère plus largement les travaux et les soins du cultivateur; ce qui fait dire aux habitants de Manille: «Gratter la terre, faire de la boue, y jeter de la semence, suffit pour remplir son grenier.»

La végétation est d’une si grande vigueur dans ce beau pays, que des champs abandonnés quelques années sans culture se couvrent de végétaux et deviennent des bois impénétrables. Certaines espèces de plantes s’élèvent si spontanément, que quelques jours suffisent pour une croissance de plusieurs mètres.