Survient-il un accident qui fasse monter les eaux? la tige du riz s’élève encore, si elle peut surnager. La plante ne périt que lorsqu’elle est entièrement submergée.
Enfin, quatre mois après la plantation, on fait la récolte avec de petites embarcations, au moyen desquelles on parcourt toute la partie du lac qui a été plantée.
Toutes les espèces de riz produisent d’abondantes récoltes; on peut toujours compter pour les plus exiguës sur 25 pour un, et dans les bonnes, 60 et 80.
Un seul fléau, qui arrive à peu près tous les sept ou huit ans, prive le cultivateur de ses peines et de ses fatigues: je veux parler des sauterelles, qui tout à coup, comme de gros nuages, viennent s’abattre sur un champ couvert d’une luxuriante végétation, et la détruisent dans un instant jusqu’à la racine.
Quelquefois de grandes sécheresses détruisent également les rizières des montagnes. Aussi l’Indien dit-il: De l’eau, du soleil, point de sauterelles, et nos récoltes sont assurées.
§ XIII.—Culture de l’indigo.—Sa récolte.
Dans diverses parties des Philippines, particulièrement à Luçon, on cultive l’indigo avec succès.
Cependant cette culture est celle qui présente le plus d’éventualités. Quelques jours de mauvais temps et de vent détruisent souvent toute la récolte. Quelquefois aussi des myriades de chenilles dévorent dans quelques heures toutes les feuilles; ce qu’elles laissent ne suffit pas pour payer les frais de manipulation.
Mais si la saison a été favorable, s’il n’arrive pas d’accidents, si la fabrication se fait avec intelligence, le prix élevé de l’indigo indemnise largement le cultivateur.
Pour la culture, aussitôt après l’hivernage, avant la saison des grandes chaleurs et lorsque l’on n’a pas à craindre de fortes pluies, on prépare les terres par deux ou trois bons labours à la charrue et plusieurs hersages, jusqu’à ce qu’elles soient parfaitement ameublies, et on sème à la volée.