[5] Douane chinoise. A une époque de l’année, dans la mousson du N. O., arrive une flotte de jonques chargées de toutes espèces de denrées de la Chine. Chaque jonque est affrétée par plusieurs négociants chinois, qui tous accompagnent leurs marchandises. Le gouvernement espagnol, pour leur faciliter la vente qu’ils font eux-mêmes pendant les cinq à six mois qu’ils séjournent à Manille, leur a fait construire un vaste édifice, espèce de bazar divisé par petits boutiques, qui sont mises à leur disposition moyennant une légère rétribution.
[6] Le tay-po est une espèce de dé renfermé dans une boîte en cuivre. Le croupier secoue cette boîte et la place sur un tapis divisé en quatre cases de différentes couleurs, où les joueurs font leur enjeu. Aussitôt que le jeu est fait, le croupier enlève une partie de la boîte, qui laisse le dé à découvert. Sur ce dé sont tracés les mêmes lignes que sur le tapis: la couleur du dé correspondant à celle du tapis est celle qui gagne.
[7] 1 Le bétel est une composition de feuilles d’une plante aromatique et d’un peu de chaux lavée dans plusieurs eaux. Les Indiens, les Chinois, les métis et un grand nombre de créoles mâchent continuellement cette composition, qui fait abondamment saliver, et donne aux lèvres et à l’intérieur de la bouche une teinte d’incarnat.
Chapitre IV.
Séjour à Manille.—Le capitaine don Juan Porras.— La marquise de las Salinas.
Pendant que je causais sur le rivage avec les Indiens, j’avais remarqué, à quelques pas de moi, un jeune Européen; je le rencontrai précisément sur ma route en me dirigeant vers Manille, et je pris le parti de l’accoster.
Ce jeune homme était un médecin qui se préparait à partir pour l’Europe. Je lui fis part du projet que je venais de former, et je lui demandai quelques détails sur la ville où je voulais me fixer désormais.
Il s’empressa de me satisfaire, et m’encouragea dans ma résolution d’exercer la médecine aux Philippines.
Lui-même avait conçu la même pensée que moi, mais des affaires de famille l’obligeaient à retourner dans son pays.